lundi 20 novembre 2017

ESPAGNE


Mon amour pour l'Espagne pourrait être total et indéfectible si ce pays ne se rendait pas coupable d'une inqualifiable barbarie envers certains animaux.

Au même titre que la paella et le flamenco, la tauromachie fait partie du folklore espagnol. Spectacle immonde de la mise à mort d'un animal majestueux, affaibli par une série de sévices plus cruels les uns que les autres, sous l'œil admiratif d'une populasse imbibée de sangria.

Pire encore, à la fin de chaque saison de chasse, ce sont des milliers de chiens qui sont abandonnés, mutilés, pendus, brûlés vifs. Cette maltraitance est justifiée par le déshonneur subi par un propriétaire dont le chien aurait mal chassé. Cet affront se doit d'être lavé dans le sang… celui de l'animal, bien entendu.

Je vomis sur ces traditions et ceux qui les perpétuent… et je verse une larme.

dimanche 19 novembre 2017

vendredi 17 novembre 2017

BLACK & WHITE


                                                  Un homme noir aux dents blanches
                                                  Regarde une fille blanche aux yeux noirs
                                                  Deux cœurs rouges passent au feu vert
                                                  L'ivoire et l'ébène dans un ciel safran
                                                  Se frôlent au soleil de l'hiver
                                                  Neige sur le terril, charbon sous le glacier
                                                  Le cœur noir voit la vie en rose
                                                  Le cœur blanc papillonne
                                                  Un ruisseau glisse dans la vallée
                                                  Profonde et chaude comme un baiser
                                                  Demain verra l'arc-en-ciel
                                                  Colorier le désert

                                                  Le noir et le blanc, c'est l'histoire du monde

mercredi 15 novembre 2017

L'ENFER


Je suis mort ! Vous le croyez ça ?
C'est arrivé cette nuit. 4 heures du mat. Dans mon lit.
Rupture d'anévrisme. Foudroyant. Fatal. Définitif.
Je vous écris de l'Enfer.
Qu'est-ce qui vous étonne ?
Bien sûr qu'on a internet ici-bas !
On n'est pas chez les ploucs !

Dès mon arrivée, j'ai bien compris qu'on nous avait bourré le mou avec toutes ces bondieuseries flippantes. En vérité, j'ai été accueilli par Amy Winehouse et John Bonham. Pour fêter mon arrivée, on est allé dans un troquet tenu par Bon Scott. Georges Brassens et Jim Morrison chantaient des chansons paillardes, pendant qu'Elvis et Marilyn se déhanchaient sur la piste de danse. Puis James Dean a voulu nous emmener dans sa Porsche 550 Spyder, mais nous avons préféré l'hélico de Balavoine. Direction la villa que se partagent Gainsbourg et Bashung... et je peux vous garantir qu'il y a de la meuf au mètre carré ! Ensuite, on a été rejoint par Jimi Hendrix, Phil Lynott, Keith Moon et Janis Joplin qui ont tapé un petit bœuf sympa.

Lucifer en personne s'est occupé du barbecue. Vraiment cool, le mec... pas du tout ce qu'on nous raconte au catéchisme. Et pas prétentieux avec ça. Il nous a chanté une reprise des Stones qu'il a malicieusement intitulée Sympathy for Myself. Marrant, le gars ! Par contre, je vais vous dire un secret... vous le racontez à personne : il ne tient pas l'alcool. Deux shots de vodka, il était rétamé... il s'est endormi dans les bras de Lolo Ferrari !

Bon, après, on a quand même été un peu emmerdé, parce que Mike Brant et Dalida ont essayé de se taper l'incruste. On a beau être en Enfer, c'est des trucs qui se font pas ! Merde, alors ! Heureusement, une bande de Hell's Angels qui avaient fait Altamont sont venus remettre un peu d'ordre dans la carrée. À coups de battes de baseball qu'ils les ont dégagés. Z'étaient pas beaux à voir... déjà qu'avant ils s'étaient pas beaux !

Non, franchement, je ne regrette pas d'être arrivé underground et la seule chose que je peux dire c'est que l'Enfer... c'est le Paradis ! Je vous garde une petite place au chaud ?

lundi 13 novembre 2017

CHIEN ERRANT


Putain, qu'est-ce que je fous au petit matin sur les marches de l'église San Sebastian de Ponta Delgada avec un troupeau de mammouths en rut qui me piétine l'hypothalamus ?

L'œil qui me scrute n'a rien d'humain. Il appartient à un chien pelé qui semble fort désappointé de me trouver vautré sur son territoire.

— Hola ! Como estas, amigo ? me dit-il en se grattant l'oreille.
— BLLLrrofffff, répondis-je en tentant vainement d'amadouer les mammouths.
— Madre de dios, vous n'aviez pas fière allure, hier soir, en sortant de chez la señora Rosie.
— Rosie ? La señora Rosie ? Le bordel au coin de la rue ? Je me rappelle maintenant : des filles
     à gogo, des torrents de sangria… mais après ?…
— … vous vous êtes écrasé comme une merde de goéland sur les marches de mon église !
— Nâ did'jiou ! Vous étiez là, vous avez tout vu ?
— Je vous ai même veillé toute la nuit, montrant parfois les crocs quand quelques malandrins
     lorgnaient sournoisement votre MasterCard.
— Je vous dois donc une fière chandelle !
— Disons que c'est le devoir de solidarité d'un chien errant envers un autre chien errant !

Nous nous sommes séparés dans le petit matin frisquet, reprenant chacun notre hasardeux périple. Depuis, quand je croise un chien miteux dans un port, je lui réserve toujours un petit bout de mon casse-croûte.

Je sais que personne ne va croire cette histoire, pourtant, je vous jure que sur la Terre, tous les chiens parlent la même langue.

vendredi 10 novembre 2017

Hạ LONG


                                                Allongée mouillée, après la pêche aux poissons d'or
                                                Beauté étoilée de rosée salée, Đào dort
                                                Alanguie en sari sur le pont d'un sampan
                                                Au fil de l'histoire d'eau dans la baie de Hạ Long
                                                L'ombre des embruns au pied du mât de beaupré
                                                Cheveux noirs dégoulinent sur le teck usé

mercredi 8 novembre 2017

KAWASAKI


Qui n'a jamais fait Newport-Providence (et retour) sur la Kawasaki 125 de Michelle Myers ne sait pas ce qu'est le paradis.

J'ai rencontré Michelle sur les quais de Newport (Rhode Island) en juillet 1980. Rapidement, nous avons sympathisé. Elle m'a trainé dans des salons de thé très chics et fait visiter des mansions huppées. Nous avons assisté à la victoire des Gulls sur les Red Socks et participé à un barbecue de l'U.S. Navy. Nous avons mangé des Donuts sur la pelouse de King Park et des sandwiches à Griswold's Tavern. Nous avons aussi pris un bain de minuit à Nelson Pond et visité le voilier d'Eugène Riguidel.

Et surtout, surtout, nous avons fait Newport-Providence (et retour) sur la Kawasaki 125 de Michelle Myers. Elle tient le guidon, je tiens ses hanches. C'est l'été, il fait chaud, son débardeur en coton moulant est comme une pochette-surprise qui ne demande qu'à dévoiler ses secrets. Et ces secrets-là,  monsieur,  crèvent l'écran !  Newport-Providence,  c'est une soixantaine de kilomètres, collé à une fille toute en courbes exquises. Une petite heure, amarré à un corps tiède, émouvant et mouvant. Ses cheveux bouclés me fouettent le visage. Son parfum fleuri, mêlé à l'odeur du macadam, forment le plus  charmant  des  aphrodisiaques. J'aurais fait cent fois le tour de la Terre (et retour !) sur la Kawasaki 125 de Michelle Myers.

Mais quelle est donc la raison de ce Newport-Providence (et retour) sur la Kawasaki 125 de Michelle Myers, me direz-vous ? Eh bien, nous avions entrepris cette odyssée pour aller nous recueillir sur la tombe de H.P. Lovecraft enterré au Swan Point Cemetery. Elle et moi étions amateurs de littérature fantastique et particulièrement de ce grand auteur américain.

Pour tout souvenir palpable de cette expédition merveilleuse, je garde au cœur de ma bibliothèque la version en anglais de Dagon offerte par mon amie américaine, avec le plus beau des marque-pages : un Polaroid d'elle et de sa Kawasaki 125.

lundi 6 novembre 2017

Q


Bite, couille, zob, nichon, robert, miche, chatte, craquette,  minou,  fion,  derche,  pétard,  joufflu… en dehors du français, existe-t-il d'autres langues proposant un vocabulaire aussi fourni pour désigner les différents attributs sexuels ?

Ne tournons pas autour du pot, chers amis : aujourd'hui, on va parler cul ! Je sais, c'est plus de notre âge, mais ça ne peut pas faire de mal… sauf à ceux qui sont équipés d'une sonde urinaire !

Le cul donc, qui s'affiche en pleine page et en CMJN pour vendre des yaourts au bifidus actif. Le cul qui squatte nos avenues pour vanter des canapés en véritable peau de vaches sacrifiées sur l'autel de notre confort postérieur. Le cul encore, qui dégouline de nos écrans de télévision, servi par des gourdasses botoxées et des crétins à casquette, dont les QI cumulés ne dépasseront jamais celui d'une seule des vaches sus citées .

Le cul omnipotent, le cul omniscient, le cul élevé au rang de dogme universel par les marchands de viande télévisuelle. Le cul vendu comme des mottes de saindoux à une populasse prépubère en mal de reconnaissance médiatique.

Du cul, on en bouffe à toutes les sauces ! Même sur les pochettes de disques… oui, mais  ça c'est de l'art !

vendredi 3 novembre 2017

VIVA LA MUERTE


Ah ! La mort, ça c'est autre chose ! C'est propre, c'est rapide, ça prend à peine un quart de seconde. Couic ! Tu passes du jour à la nuit. Du chaud au froid. Je ne dis pas que c'est toujours marrant... des fois, on en bave. Surtout quand les trous-du-cul de médecins te refusent l'accès à l'au-delà. Et que je te refile une dose de fortifiant, et que je t'électrochoque, et que je te masse le poitrail ! « Oooh ! Tu vas me lâcher les baskets, Ducon, mon heure est arrivée, laisse-moi me barrer peinard ! ». Et l'autre qui me remet un tuyau dans le cul !!!

Finalement, la naissance pourrait être le plus beau jour de la vie... si on pouvait mourir tout de suite après !

mercredi 1 novembre 2017

MUERA LA VIDA


J'ai toujours pensé que la naissance était le pire moment de la vie.

Avant, on est dans un état semi-végétatif confortable. On n'a pas de soucis. On nage dans un océan de douceur. Nourri, logé, blanchi. Cool Raoul, pépère Norbert ! C'est après que les problèmes commencent : d'abord l'école, puis le chômage. Les factures à payer, l'hiver qui n'en finit pas, la bagnole en panne... les autres qui ne sont nés que pour te faire regretter de l'être toi aussi. Et si par bonheur, tu trouves un bon job, alors là, c'est le FISC qui te tombe sur le râble. Et madame qui n'a jamais assez de vêtements dans sa garde-robe. Et les gosses qui n'arrêtent pas de te taper pour le MacDo, la Playstation, le cinoche. Et le chien qui a toujours envie de sortir à l'heure de Téléfoot. Sans oublier les envieux, les aigris, les bas-de-plafond qui convoitent ta femme, tes gosses... et même ton chien.

Non, franchement plutôt mourir que de naître !

lundi 30 octobre 2017

GARÇONS


                                                 Les  garcons  c'est  tous  des  çons
                                                 Qui  pensent  qu'à  nous  mater  les  nissons
                                                 C'est  aussi  des  gros  trous  du  fût
                                                 Quand  ils  nous  pincent  le  cululu
                                                 Ainsi  parlait  madame  Zarathoustra !


Aux yeux des nanas, nous, les garçons, sommes affublés des pires maux de la Terre. On fume, on boit, on pète, on fait la fête, on ne pense qu'à notre compteur-filles. On est tous persuadés d'être des pilotes de Formule 1. On mange la pizza avec les doigts et on boit les bières au goulot.

On glande comme des ramiers. On se vautre sur le canapé pour voir 22 pédales en short courir après la baballe. On a un avis sur tout... on a surtout un avis et on a toujours raison. Aux films intellos comme Pretty Woman on préfère les drames sociologiques comme Rambo. On a une bite à la place du cerveau et, bien souvent, une coquillette au fond du slip. On ne comprend pas que les filles ne comprennent pas la règle du hors-jeu (... pourtant simple, merde !). On maîtrise mieux la scie sauteuse que l'aspirateur. On râle, on pue des pieds, on pisse dans le lavabo, on laisse des poils dans la baignoire...

OK, les filles, pour une fois vous avez raison ! Oui mais, qui change la roue de secours ? Qui vous offre de jolis dessous affriolants ?  Qui  vous  réchauffe  les  pieds au lit ? Qui vous prête sa carte bleue pour aller faire les soldes ? Qui vous amène voir votre mère tous les week-ends ? Qui change la tapisserie  du  salon ? Qui  repeint  les  volets ? Qui promène le chien ? Qui nourrit le poisson rouge ? Hein ???

Donc, s'il vous plait, mesdames et mesdemoiselles, accordez-nous un peu d'indulgence et surtout arrêtez avec votre mauvaise foi permanente !

vendredi 27 octobre 2017

# BALANCE TON PORC


Je les vois d'ici, tous ces culs-bénis qui implorent le ciel à la simple évocation du Hellfest — le festival qui sent le soufre à cent lieues à la ronde. Ils vocifèrent, ils s'époumonent, ils s'égosillent avant de se précipiter vers la chapelle la plus proche pour s'humecter les tympans d'eau bénite, en priant la vierge Marie qu'elle foudroie tous ces hérétiques chevelus.

Puis ils se plongent dans la Bible afin d'y trouver un verset absolvant cette petite gaule qui les chatouille au passage d'un gamin potelé et la main aux fesses de cette allumeuse en minijupe qui n'a finalement que ce qu'elle mérite. Dieu n'a dit-il pas dit qu'il fallait s'aimer les uns les autres ?

Sombres fumiers encravatés, vous grillerez en enfer avant même que le plus humble metalleux n'y pose ses santiagues. Les succubes vous couperont les couilles pour s'en faire des colliers de perles. Puis vous serez livrés à des troupeaux de boucs priapiques qui vous feront subir les mêmes affronts que ceux que vous infligiez à cette gentille petite stagiaire pas très futée qui fondait en larmes dès que vous lui arrachiez sa culotte.

Les porcs finiront en enfer. Ainsi soit-il !

mercredi 25 octobre 2017

VENTÔSE


J'habite en Bretagne.

Cette jolie région présente deux atouts majeurs : les Bretonnes et les fruits de mer… et deux inconvénients : la pluie et le vent. La pluie me fait profondément chier.

Par contre, quand Éole est furax, j'aime aller dans un coin près de chez moi qui s'appelle le Bois de Sapins. Comme son nom l'indique, c'est un lieu piqué d'interminables résineux sur une falaise qui nargue l'océan. Quand le vent du large s'engouffre dans la rade de Brest, il balaie méchamment ce caillou vertigineux.

Je me plante alors face au précipice, les yeux rivés sur l'horizon et les naseaux braqués plein Ouest. Je suis le roi du monde.

                                Je n'm'enfuis pas,  je vole
                                Comprenez bien,  je vole
                                Sans fumée, sans alcool
                                Je vole,  je vole


Peut-être qu'un jour, je ferai un pas de plus. Juste pour voir jusqu'où le vent peut m'emporter…

lundi 23 octobre 2017

BREL


L'inspecteur Colombo entre dans la pièce.

« Ah ! M'sieur Brel, je suis content de vous rencontrer. C'est ma femme qui parle toujours de vous. Elle dit que vous êtes un grand artiste en Belgique. »

Tout en mâchonnant un bout de cigare éteint, il époussette les manches de son pardessus mastic.

« Au fait, vous êtes au courant pour la pauvre Fanette... et son amant ? C'était au mois de juillet, la plage était déserte, ils ont nagé si loin, ils ont nagé si bien qu'on ne les revit pas. Mmmh ! Triste histoire, quand même. Vous connaissiez la Fanette, n'est-ce pas ? Vous étiez amis, c'est ça ? Et vous avez dû en chanter des chansons pour elle. »

Il s'approche d'un guéridon sur lequel est alignée une série de photos.

« Mmmh ! C'est bien le portrait de Fanette ? Faut dire qu'elle était belle et vous n'êtes pas beau. C'est ma femme qui vous trouve beau. On peut dire que vous étiez amoureux d'elle, non ? Euh ! Je veux dire de la Fanette, pas de ma femme ! Hin ! Hin ! »

Maintenant, il regarde l'impressionnante collection de disques d'or accrochés au mur.

« Excusez-moi de vous poser toutes ces questions, m'sieur. Vous comprenez, c'est surtout ma femme que ça intéresse. Et oui, comment expliquer qu'un jeune couple, en pleine santé, ait pu se laisser surprendre par la marée ? C'est étrange, tout de même ? Comme dit ma femme : on ne nous apprend pas à se méfier de tout. »

Il constate alors que des valises sont prêtes.

« Mais je vois que vous partez en voyage. Les Marquises ? Ma femme me dit beaucoup de bien des Marquises. La mer est calme là-bas, on ne risque pas de se noyer. Et puis, il n'y a pas de mauvaises langues pour dire que la Fanette et son amant ont ri quand ils vous ont vu pleurer. Oui, c'est ma femme qui l'a entendu au drugstore. D'autres disent même qu'ils ont chanté quand vous les avez maudits. Mais tout ça, c'est des ragots, n'est-ce pas, m'sieur ? »

Le chauffeur emporte les bagages.

« Ne partez pas si vite, m'sieur Brel. On dirait que vous fuyez. Vous et moi savons que vous n'avez rien à voir dans ce terrible accident, n'est-ce pas ? C'est bien ce que je pensais. C'est ma femme qui va être rassurée. Je vous ai dit que ma femme vous aimait beaucoup ? Mais j'y pense : j'ai oublié de vous demander ce que vous faisiez ce fameux jour de juillet. Mmmh ! Vous étiez à Amsterdam. Mais bien sûr ! Ma femme me parle souvent d'Amsterdam.»

Désormais, la pièce est vide. L'inspecteur Colombo tente vainement d'allumer son bout de cigare. Il feuillette son carnet de notes, se gratte la tête avec perplexité. Un éclair de lucidité vient de traverser son cerveau. Il se précipite dans le couloir, dévale les escaliers et parvient à rattraper Jacques Brel avant qu'il ne monte dans un taxi.

« Au fait, m'sieur, je crois que nous sommes appelés à nous revoir très bientôt. Oui, j'ai l'intention de visiter les Marquises avec ma femme. Peut-être que nous pourrions passer vous voir, à l'occasion ? Elle serait si contente de vous rencontrer. »

vendredi 20 octobre 2017

LUCY IN THE SKY WITH DIAMONDS


Posons nos flingues, nos couteaux, nos tronçonneuses et nos nunchakus. Asseyons-nous dans un champ de fraises, à l'ombre des cerisiers en fleur.

Sortons les bouteilles de Pschitt et les Chupa Chups au caramel. Les filles porteront de longues robes légères et des corsages fleuris. Les garçons, des pantalons de flanelle et des boléros fleuris eux aussi. Laissons nos cheveux (ou ce qui l'en reste !) flotter dans le vent guilleret d'un début de printemps.

Dans le ciel, pas un nuage, mais Lucy avec des diamants. 

mercredi 18 octobre 2017

ÉTOILES


En fin de bringue, il m'arrivait parfois d'aller jeter mon corps plein d'alcool sur le sable de Mtsanga Fany. Les doigts enfoncés dans l'océan Indien, je plongeai mes yeux dans les étoiles.

Une nuit plus chaude que d'habitude, sous un ciel plus clair, une jolie Mahoraise vint se glisser au creux de ma plage. Son corps était fin comme la coque d'un prao et sa peau 100 % cacao. Des perles multicolores ornaient ses cheveux. Elle a dit « Oukou mwema ! » et a posé ses lèvres sur mon ventre. J'ai dit « Bonsoir ! » aussi et j'ai posé mes yeux sur ses petits seins pointus.

Elle m'a monté à cru. Elle était jeune, mais experte. Je l'ai laissée me prendre. Elle était l'amazone, j'étais le pur-sang... plutôt le Percheron dont elle labourait la carcasse usée à coups de griffes perfides. Le spectacle que j'avais sous les yeux était digne d'une production hollywoodienne : vision en contre-plongée d'une fille, belle comme un rouleau de réglisse, sur fond bleu-nuit d'un ciel des tropiques.

Et je vous jure que cette nuit-là, j'ai vu quelques étoiles me faire des clins d'œil...

lundi 16 octobre 2017

TRISTEZA ENEMIGO


                                                              C'est  un  chemin  que  j'ai  suivi
                                                              Bordé  de  ronces  et  d'orties
                                                              Je  l'ai  cloué  sur  mes  bras  
                                                              Je  l'ai  tatoué  dans  le  cœur

                                                              Des  fois  je  l'appelle  mélancolie
                                                              Et  encore  blues  et  spleen
                                                              Mon  âme  sœur,  ma  belle  amie
                                                              Je  suis  bien  dans  tes  draps

                                                              Je  ne  suis  heureux  que  triste
                                                              Et  triste  plutôt  que  mort
                                                              Mon  soleil  s'est  éclipsé
                                                              Depuis  l'aube,  je  suis  en  deuil

vendredi 13 octobre 2017

… ROCK 'N' ROLL


Sur scène, le groupe égrenait les standards de Johnny Cash et Kris Kristofferson.

Je l'ai regardée longtemps danser dans la fumée.

Ses lèvres écarlates étaient comme des sémaphores dans le brouillard, attirant les cœurs égarés vers de troublants écueils.

Quand elle s'est accoudée près de moi au bar, j'ai dit : « Goudeuh dand-sseur ! ».

« Thanks lil' Frenchy ! » m'a-t-elle répondu. Sacré vind'jiou, comment avait-elle deviné ?!?

Je lui ai payé une Bud. Elle m'a payé une Bud. Je lui ai payé une Bud…

On a parlé… peu. On a ri… beaucoup.

On a bu. On a pissé. On a rebu. On a repissé…

Finalement, on a dormi dans son pick-up.

Au petit matin, devant les œufs brouillés, elle m'a proposé de la suivre jusqu'à son ranch du Colorado. Impossible, on m'attendait à Memphis, Tennessee.

On s'est donc quitté comme on s'était rencontré : par hasard.

Quand le Dodge Dakota s'est évaporé dans la poussière du lointain, je me suis rendu compte que je ne lui avais même pas demandé son nom.

Bah ! Je l'appellerai simplement Miss Rock and Roll !

mercredi 11 octobre 2017

… DRUGS &…


                                                               Amphétamine, tu me mines
                                                               Et mescaline, tu me ruines
                                                               Héroïne plus cocaïne
                                                               C'est assurée une mort fine
                                
                                                               La souris déglingue
                                                               Et l'ecsta rend dingue
                                                               Le cannabis dépeuple
                                                               Comme l'opium du peuple

                                                               — Moi  ma  drogue,  c'est  l'alcool
                                                                   Je  suis  d'la  vieille  école
                                                                   Quand  j'fume  du  hasch
                                                                   Ça  m'donne  pas  d'flash
(Luc Plamondon)

lundi 9 octobre 2017

SEX &…


                                                               Ce soir, volerons vers Alex…
                                                               Andrie, ma chère Alex…
                                                               Andra, dans un duplex
                                                               Sur votre corps convexe
                                                               Corseté de latex
                                                               Glisserai sans complexe
                                                               Un inquisiteur index
                                                               Sans que cela vous vexe
                                                               Et par un prompt réflexe
                                                               Emboîter mon apex
                                                               Ferme comme un silex          
                                                               En votre doux vortex
                                                               Si nos amours annexes
                                                               Vous rendent perplexe
                                                               Demain, câline Alex
                                                               Pleurez sur un Kleenex